02.5 - Chapelle Sainte-Agathe de Hubinne - Hamois
Le site pittoresque de Hubinne comprend la chapelle dédiée à Sainte Agathe, laferme, le moulin, l’ancien presbytère (actuel CPAS) et de jolies maisons anciennes accolées les unes aux autres le long de la côte. Cité dès le 12e siècle, le site comprenait également autrefois un château fortifié dont les derniers vestiges disparurent au 18e siècle. La chapelle est célèbre par ses piliers sculptés mérovingiens du 8e siècle, piliers dont l’origine reste inconnue. A Hubinne, on parle aussi d’une légendaire Gatte d’Or qui a donné son nom à une bonne bière et une confrérie de bouche.
La chapelle est dédiée à Sainte Agathe. Bâtie sur un promontoire rocheux, cette dernière aurait été édifiée par Ultain (un moine irlandais) et forme, avec les bâtiments de la ferme et le vieux moulin, le siège de l'ancienne seigneurie de Hubinne.
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Informations de l'IPIC
Tout ou partie de ce bien est classé ou fait partie d'un site classé et fait partie du(des) dossier(s) suivant(s) :
- Patrimoine - Biens classés et zones de protection :
Empiétant sur la cour d'une ferme (r. d'Hubinne, no 12), l'édifice en grès et calcaire se dresse sur la butte de l'ancien cimetière, cernée de murs, à la pointe de l'éperon qui porte le village. Son allée d'accès, taillée dans le schiste, est ombragée par un vieux marronnier. La simplicité des volumes, nef unique de deux travées, choeur de même largeur terminé par un chevet à trois pans et annexe latérale au N., ne laisse pas présager de la complexité de la chronologie, qui s'échelonne de l'époque romane à la fin du XVIIIe s. Restauration en 1974 (fig. LXIX).
Nef partiellement romane, en moellons de grès, conservant au S. les restes d'une fenêtre sans doute en plein cintre à l'origine. En-dessous, au milieu d'une zone boursouflée, porte inscrite sous un grand arc de décharge en plein cintre : linteau en bâtière cerné d'un cavet et montant g. seuls d'époque romane. A l'opposé, au N., grande arcade en plein cintre, murée, qui devrait s'ouvrir à l'origine sur une chapelle latérale, à l'instar de Chardeneux ou de Thynes, démolie en 1790 mais dont les substructions ont été partiellement dégagées en 1976.
Reconstruction quasi intégrale de la chapelle en 1630: reprise complète du mur pignon O., avec son angle biaisé au S.O., obturation de l'arcade septentrionale, percement d'une nouvelle fenêtre au S. de la nef et édification du choeur actuel, fort ample. Dans ce dernier en moellons de calcaire et de grès sur base biseautée, fenêtres en plein cintre ébrasées vers l'extérieur, sur montants chaînés, géminées au S. et dans le pan S.E. du chevet, selon une formule fort rare. Corniche en cavet portée par des modillons en quart-de-rond. Fenêtres septentrionales du vaisseau percées en 1790, à linteau échancré.
Au N., ancienne chapelle seigneuriale devenue sacristie, dont la cave, parfois improprement dénommée «crypte» et les maçonneries remontent sans doute au moyen âge. Petite fenêtre en plein cintre à l'E. des environs de 1630. Toitures d'ardoises à coyau portant un clocheton carré à l'O., coiffé d'une courte flèche octogonale sommée d'une croix et d'un coq.
A l'intérieur, remployés à la base de l'arc triomphal rarissimes piliers carrés en calcaire du Barrois, généralement datés du VIIIe s. et ornés sur leurs quatre faces de différents motifs : croix pattée avec le mot «ALE/LUIA», palmier, feuilles, palmettes, cercles entrecroisés, rinceaux stylisés, etc. (fig. 416).
Vers la sacristie, intéressante porte du XVe ou du début du XVIe s. à encadrement en pierre bleue creusé d'un tore, décorée sur son linteau en bâtière des symboles des quatre évangélistes inscrits dans des écus. Vestiges d'une voûtaison disparue, culots prismatiques en calcaire, de 1630, dans les angles du choeur. Plafond plat actuel sans doute de 1785. Polychromie et vitraux de l'abside dus à L.M. Londot (1974). J.L.J. [1776]
Autel majeur à retable avec blason des Spontin (1re moit. XVIIIe s.). Remarquable confessionnal baroque, daté de 1660. Chaire de vérité Louis XVI (2e moit. XVIIIe s.). Piscine liturgique, bénitier et tronc en pierre bleue (XVIIe s.).
Vierge à l'Enfant et buste reliquaire de st Hadelin (XVIe s.); Ste-Agathe, de l'école de Delcourt (début XVIIIe s.); St-Roch (1789?).
Pierres tombales des curés Omer Kaverenne († 1636), Joseph Polet († 1772), Antoine Xhignesse († 1791) et Charles-Louis Dayneux († 1813).
A. DASNOY, Symbolisme et décor des piliers de Hubinne, dans ASAN, t. XLV, 1949-50, p. 165-181; E. SOHET, L'ancienne paroisse de Hubinne, exemplaire dactylographié, 1979.
Référence IPIC :
Code de la fiche : 91059-INV-0116-01
